Blues Mag

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Mr HARDEARLY – Redemption & Bad Habits

Rebel Music / Socadisc
**** Blues-Rock

Redemption & bad habits 2024

 

 

 

 

 

 

 

Sixième album en plus de quinze ans de carrière (du moins sous ce sobriquet) pour cet émule français revendiqué de maintes signatures historiques du blues-rock électrique à l’anglo-saxonne. De l’ombre lointaine des Yardbirds (la plage titulaire et introductive) à celles de Status Quo (“Good With My Lady”) et Black Sabbath (dont il reprend ici à la slide “Heaven And Hell”, doublant ses parties en harmonie), sans oublier les plus saillantes, Stevie Ray Vaughan (le fulgurant “Tightrope”) et Johnny Winter (le vindicatif “Sure You’re Still Around”), Mr Hardearly demeure fidèle à la formule du trio guitare-basse-batterie.

Si l’on peut le préférer en mode slow-blues mélodique (“You Got No Time”, “I Got Nothing But The Blues” et “Sending All My Love”, où il assume les influences croisées de Peter Green et Gary Moore) ou en Chicago-shuffle façon Luther Allison (“Looking For Love”), il sait en tout cas moduler judicieusement les registres (ainsi du funky “Before You Make Me Going Mad”, avec le renfort  des cuivres de Julien Duchet).

Parmi les originaux les plus convaincants, on signalera “Double Bum” (sous ascendant Wishbone Ash) et “Bad Sign” (bien qu’ouvertement démarqué du “Born Under A Bad Sign” de Booker T., pour rendre hommage à Albert King, avec à nouveau le soutien de cuivres, ainsi que de chœurs féminins) et le zydeco “Just Got Ten Stones From Le Havre”, sans oublier le vintage rock n’ roll à la Larry Williams “I’ll Be Killing You” (dans l’esprit de “Dizzy Miss Lizzy”).

Ce très bel album se referme sur le mélancolique instrumental aérien “The Miracle”, dédié à la mémoire du regretté Jeff Beck. Bien joué, once again, Mr Hardearly!

Patrick DALLONGEVILLE
Paris-MoveBlues Magazine, Illico & BluesBoarder

 

Mr Hardearly
ecrit par Fred Delforge

Redemption & bad habits
(Rebel Music – Brennus – 2024)
Durée 55’59 – 15 Titres

Redemption & bad habits 2024

 

S’il a toujours gardé au plus profond de lui son âme de rocker, Mister Hardearly a, comme beaucoup de guitaristes de sa génération, amorcé un virage plus orienté blues au fil des années et sorti pas moins de cinq albums studio mais aussi quelques live depuis 2008 pour compléter une carrière musicale longue de trente-cinq années.

Disciple des Johnny Winter, Stevie Ray Vaughan, Jimi Hendrix et autres Jeff Beck, le virtuose qui fut shredder à ses heures, manie l’instrument avec une véritable agilité et a eu tout le loisir de croiser le fer avec des pointures comme ZZ Top, Status Quo, Bernard Allison, Van Wilks ou encore Fred Chapellier, ce qui lui a apporté une crédibilité auprès des médias spécialisés mais aussi d’un public qui lui est désormais fidèle.

De retour cette année avec un sixième opus studio enregistré dans son antre d’El Grotto Studio dans le Val d’Oise en compagnie de Jean Philippe Bernaux à la basse et Frédéric Turban à la batterie mais aussi de quelques batteurs invités comme Sylvain Designe et Olivier Hurtu et des cuivres de Julien Duchet, Mr Hardearly nous délivre un ouvrage qu’il présente comme le plus personnel et le plus introspectif qu’il ait réalisé à ce jour, avec des titres dans lesquels il est question de résilience, de dépression, de mort, d’addictions, de l’amour qui s’envole et de tout ce qui fait que la vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille.

On y croise quelques beaux instrumentaux comme « Redemption & Bad Habits » et « The Miracle », dédié à Jeff Beck, et même deux reprises, le « Tightrope » de Stevie Ray Vaughan et le « Heaven And Hell » de Black Sabbath dédié à l’ami chroniqueur et photographe Alain Betton, des titres qui s’intercalent carrément bien au milieu de pièces originales comme « You Got The Time », « Before You Make Me Going Mad », « I Ain’t Got Nothing But The Blues » ou encore le titre bonus « Just Got Ten Stones Left From Le Havre », autant de morceaux variés qui font de cette nouvelle tartine du guitar hero un très bon moment de blues et de rock à consommer sans modération.

Rock Hardi

 
Rock Hardi
 
Rock Hardi
 
Rock Hardi


Il nous livre un album plein de bonnes vibrations et nous en dit un peu plus sur le processus de création.

 

Comment vas-tu Mr. H ?

Et bien plutôt bien, même si la fatigue se fait ressentir depuis quelques mois car nous enchainons les concerts (70/an) depuis 2 ans avec beaucoup de route pour aller à la rencontre de notre public français. Fatigués mais heureux de ces moments de partage.

 

Ce nouvel album est le sixième depuis les débuts de Mr. Hardearly il y a 16 ans ?

Oui c’est ça. 6ème album studio avec aussi 2 DVD live et 2 CD live audio parus au cours des 16 années d’existence du groupe. Avec le recul je vois le chemin parcouru depuis 2008 avec les différentes équipes qui m’ont accompagnées, et je suis fier du résultat.

 

Combien de nouvelles compositions pour cette dernière production ?

Il y a 15 titres dont 2 reprises (‘Heaven And Hell’ de Black Sabbath et ‘Tightrope’ de SRV) avec des univers différents pour chaque chanson, aussi bien au niveau des textes que de la musique. On passe de blues standard à des titres plus « funky » voire country. J’ai pu acquérir pas mal d’amplis de guitare vintage ces dernières années ce qui m’a permis d’obtenir des sons différents pour chaque morceau. Un vrai plaisir pour enregistrer.

Combien de temps as-tu mis pour créer toutes ces nouvelles chansons ?

Comme j’essaie de ne pas me répéter dans chaque nouvel album je mets de plus en plus de temps pour préparer le prochain CD car je souhaite rester dans la même veine musicale qui a fait mon style tout en essayant de surprendre les auditeurs avec de nouvelles idées, voire de nouvelles ambiances sans les dérouter. Donc cet album m’a presque pris 3 ans de maturation (contre 2 ans d’habitude) car je souhaitais mettre la barre toujours plus haut. Je pense que ce CD est le plus abouti de Mr Hardearly jusqu’ici.

 

Il y a donc deux reprises. Pourquoi justement SRV et Black Sabbath ?

Pourquoi pas ?  Pour Black Sabbath, j’aime bien « détourner » des chansons qui ont bercé mon enfance de leur version d’origine, toujours pour surprendre les auditeurs, et je crois que ma version de ‘Heaven And Hell’ est vraiment « surprenante », non ?  Pour Stevie Ray Vaughan, je me suis rendu compte pour cet album que j’avais enregistré beaucoup de chansons de mes idoles (Hendrix, Beck, Winter…) mais pas de SRV. Alors j’ai voulu pallier ce manque, et puis le titre ‘Tightrope’ colle bien au thème général de l’album.

 

En combien de temps as-tu enregistré cet album ?

Pour les compositions c’est un travail quotidien… de tous les jours. Je note des idées de texte ou de riff de guitare selon l’humeur. Je n’arrête jamais. Par exemple, le titre ‘The Miracle’ a été composé et enregistré en quelques heures à l’annonce du décès de Jeff Beck. C’est venu comme cela, instantanément, comme un ressenti d’un grand moment de tristesse pour un artiste qui m’a vraiment ému artistiquement. Pour les titres ‘Ten Stones Left From Le Havre’ et ‘I’ll Be Killing You’, je les ai composés il y a 12 ans à peu près, mais mon producteur de l’époque n’en voulait pas. Ils sont donc restés en hibernation tout ce temps, et puis je suis retombé dessus il y a quelques mois, et je me suis rappelé des souvenirs liés à ces morceaux et j’ai trouvé qu’ils avaient leur place sur ce CD.

 

Présente-nous les musiciens avec qui tu as travaillé…

A la batterie il y a Fred Turban, un vieux complice depuis 30 ans, qui me fait l’honneur de jouer sur mes derniers albums, à la basse Jean Philippe Bernaux qui m’accompagne sur scène depuis 7 ans maintenant, Roxane (une amie de longue date) qui m’a fait quelques chœurs et Julien Duchet aux trompette et sax. Il y a également Olivier Hurtu à la batterie sur 3 titres avec qui nous avons collaboré.

 

Es-tu toujours fidèle aux vieilles Stratocaster ?

Je vois que depuis le temps, tu me connais bien. Oui bien sûr je joue presque exclusivement sur de vieilles strat Fender des années 60/70 mais j’ai fait une petite infidélité il y a quelques années. J’ai en effet fait l’acquisition d’une Gibson Firebird Sunburst (comme Johnny Winter) que vous pouvez entendre sur l’album et voir sur pas mal de photos sur le site. Je kiffe cette guitare bien que le manche soit radicalement diffèrent de mes strat et surtout les potards ne sont pas placés au même endroit, ce qui me perturbe fortement sur scène les 2 premiers morceaux où je prends cette guitare.

 

Tu joues aussi des claviers… quels genres ?

Oui mais très peu. Rires… Juste quelques nappes par-ci par-là, genre Hammond B3 ou clavinette ou Wurlitzer, pour ambiancer tel ou tel passage d’une chanson. Je ne suis pas « clavier » malheureusement. C’est comme les percus, j’en glisse par-ci par-là pour le feeling.

 

Cette fois encore, tu as tout fait dans ton propre studio. Tu as endossé le costume de producteur, et tu t’es chargé du mixage et du mastering. Est-ce par souci d’économie ou par volonté de tout maîtriser ?

Ce n’est pas vraiment un choix, c’est juste que personne « ne veut s’y coller à ma place ».

J’ai déjà fait mixer des albums par d’autres ingé-son mais au final, bien que le son soit plus « gros », les musiciens et moi on ne se reconnaissait pas dans la sonorité finale. Donc je m’occupe de tout en attendant de tomber sur la perle rare qui saura respecter notre identité musicale et sonore. J’aime ce son vintage que j’obtiens dans mon studio, à la fois écoutable sur du matériel moderne, mais où on retrouve le son seventies que j’adore, et qui pourrait sembler vieillot pour certains, mais c’est un choix délibéré de retrouver cette ambiance sonore.

Tu livres tes albums comme un produit fini à un distributeur, est-ce une prise de risque financière importante ?

Plus vraiment. Ça l’a été il y a 10 ans, mais depuis que je travaille avec Alain Ricard de Brennus Recors (Rebel Music) et Socadisc, je ne prends plus aucun risque car le deal est très honnête et je continue de tout maitriser et d’avoir la main sur la distribution. J’ai la chance depuis quelques année de pouvoir « rentabiliser » les CD en moins d’un an, ce qui est très confortable en tant que producteur, et j’en profite pour remercier tous nos fans qui nous sont fidèles à chaque sortie d’album pour les commander sur notre site (www.hardearly.com) même avant leur sortie officielle.

 

Tu dédies cet album à un grand nombre de guitaristes de renom comme Johnny Winter, Frank Zappa, Jimi Hendrix, Lemmy Kilmister, Eddie Van Halen, SRV et Jeff Beck et puis tu cites aussi Jacques Higelin. Pourquoi ? Son nom déroute un peu parmi les autres.

Je cite ces guitaristes, car ils sont comme mes pères spirituels. Ils m’ont tant inspiré ! Higelin, j’ai grandi avec sa musique, notamment le ‘Live à Mogador’, et je ne pouvais pas ne pas le citer. Un grand poète et, bien que je risque d’en choquer certains, une personne qui avait vraiment le blues en lui comme Edith Piaf. Il fait partie de mon ADN. Il est parti beaucoup trop tôt.

 

Tu surprends l’auditeur avec bonheur en t’éloignant un peu de ton style habituel avec deux titres ‘I’ll Be Killing You’ et ‘Just Got Ten Stones Left From Le Havre’. Pourquoi ce pas de côté ?

C’est marrant que tu parles de ces 2 titres. Comme je le disais avant, je les ai composés il y a 12 ans et je trouvais que c’était le moment de les intégrer à cet album. Dans l’avant dernier album il y avait un titre qui s’appelle ‘CC (The Mean Guy)’, une chanson sur Caryl Chessman que j’avais écrite il y a bientôt 15 ans. C’était une maquette que je n’avais jamais réenregistrée. Et puis je suis retombé dessus il y a quelques années et on a juste remplacé la basse/batterie qui était des synthés par de vrais musiciens, je n’ai ni refait les guitares acoustiques, ni les voix et il a trouvé sa place dans le CD. Le livre de Caryl Chessman (Cellule 2455, couloir de la mort) a marqué mon adolescence et je voulais lui dédier une chanson. Parfois tu composes un titre 15 jours avant l’enregistrement de l’album, et parfois tu mets 15 ans à te décider à le publier. C’est aussi ça l’inspiration. 

 

Parle-nous de ta collaboration avec Thierry Wakx qui a créé un très beau digipack…

Thierry, et Pascale sa femme, ça a été une très belle rencontre bien que fortuite. Je faisais un concert caritatif avec Fred Chapellier et j’ai reçu les photos de Thierry. J’ai réalisé à ce moment-là quel magicien il était pour capturer l’instant idéal pour une photo et comment il mettait les artistes en valeur. Je me suis donc rapproché de lui pour de futurs projets et on ne s’est plus quitté depuis. D’où son surnom Thierry « Magic » Wakx. Il a fait un travail extraordinaire sur notre dernier disque, ce qui en fait un très bel objet. Grand merci à lui.

 

Une fois encore tu es distribué par Socadisc, ce qui signifie une large exposition dans les grands circuits… Est-ce que ça booste les ventes ?

Tu sais les ventes de CD s’écroulent année après année. Le CD est devenu un support de promo pour les concerts à venir alors qu’avant c’était le contraire. C’est pour cela que beaucoup d’artistes, pour ne pas dire tous, font des albums avec des budgets réduits et que les places de concert atteignent des prix « gastronomiques ». On gagne notre vie avec les concerts, plus du tout avec les ventes de CD. Donc exposition médiatique oui… pour les ventes je reste plus dubitatif.

Est-ce encore rentable de sortir un CD de nos jours ?

Oui si on considère que ce qui nous fait vivre, nous les musiciens, ce sont les concerts. Les CD sont de bons supports promotionnels mais on essaie juste de les rentabiliser et de ne pas perdre d’argent sur la fabrication en tant que producteur. On ne gagne plus d’argent sur les ventes de CD depuis plusieurs années maintenant (sic).

 

Tu as fait le choix de ne pas mettre l’album sur les plateformes de téléchargement. Pourquoi ?

Quand je vois ce que ça me rapporte en tant qu’auteur, compositeur et producteur je préfère vendre un téléchargement à 9.90 € sur mon site plutôt que 25000 personnes écoutent mon album tous les jours pendant un mois pour 1.30 €. C’est malheureusement la réalité du business des plateformes de téléchargement qui s’en mettent plein les poches au détriment des artistes.

 

Tu tournes toujours beaucoup un peu partout en France et en Belgique, est-ce un circuit bien rôdé ou arrives-tu a décrocher de nouveaux lieux de concerts ?

Je suis en perpétuelle recherche de nouveaux lieux où se produire car malheureusement beaucoup d’endroits ont mis la clé sous la porte depuis le covid et il faut renouveler sans cesse le circuit des tournées. Nous avons cette chance d’avoir un bon capital sympathie au niveau des programmateurs et du public qui nous permet de maintenir, jusqu’à présent, le nombre de dates par an.

 

Le Brexit a semble-t-il mis un point d’arrêt à tes tournées anglaises qui étaient assez régulières. Qu’en est-il ?

Oui ce n’est pas faux. J’espère que notre agent anglais, Howard Baker, pourra nous organiser une ultime tournée en Angleterre car j’adore ce pays, qui m’a adopté il y a maintenant 40 ans.
C’est que la crise est aussi passée par-là pour eux.

 

Tu avais envisagé de faire un jour un album entièrement acoustique, est-ce toujours dans tes projets ?

J’ai vraiment beaucoup de projet en gestation, mais de là à les rendre « viables » c’est une autre histoire. Un album acoustique, voire de reprises uniquement, j’aimerais beaucoup, mais est ce que le public se déplacera pour venir voir la tournée qui suivra c’est une autre question. Il faudrait, pour me faire plaisir, que je sorte cet album sans but de concert (ou très peu). Cela pourrait bien venir dans les années qui viennent car j’ai déjà pas mal de chansons enregistrées. Il faut juste que je trouve le temps des finaliser le CD et de trouver un producteur pour le sortir.

 

Gilles Blampain – Decembre 2023

 

Blues Again

Redemption & bad habits 2024

 

Mr HARDEARLY : Redemption & Bad Habits

Guitars, Lead Vocals, Keyboards : Mr Hardearly
Bass : Jean Philippe Bernaux
Drums : Frédéric Turban – Sylvain Designe – Olivier Hurtu
Sax & Tumpet:Julien  »Julk » Duchet
Backing Vocals : Roxane

 

Juste à quelques jours de noël et pour clôturer cette année 2023 riche en concerts, le dernier né d’une lignée d’albums pourvus en surprises de notre génialissime Mr Hardearly nous arrive gentiment sur les platines.
Pour démarrer le voyage, Rédemption And Bad Habits fait partie des mauvaises habitudes que nous avons de penser que l’on va découvrir ce que l’on a déjà entendu. Préjugé erroné !
Le titre du CD sera l’entrée sur les planches auditives. Un shuffle rondement mené avec quelques notes intruses subtilement placées qui font du bien à l’oreille tellement elles surprennent.

La charpente de Good With My Lady prend certains airs de ZZ Top et là encore, on pourrait supposer la suite de chaque passage avant d’être étonné des différents chemins empruntés par les musiciens, pour ravir l’auditeur.

You Got No Time vient quant à lui, caresser les sens les plus aiguisés avec ce Blues très chaud aux sonorités guitaristiques alléchantes qui je dois le dire, m’ont fait vibrer.
Bien sur je ne vous dévoilerai pas tous les secrets de cette nouvelle conception très aromatique de 15 titres dont 13 sont issus de l’imagination de notre cher guitariste.

On retrouvera une jolie version de Tightrope du regretté Stevie Ray Vaughan, bien ficelé qui titille le tympan ainsi que Heaven And Hell de Black Sabbath issu de l’album du même nom de 1980.
Mais attention, ne vous y trompez pas, cette version n’est pas tout à fait identique à l’originale mais tellement plus douce, colorée et si belle. Là encore, la créativité est de mise et c’est une parfaite réussite. Merci pour le plaisir !

Un peu plus loin, on a la délicieuse surprise de tomber sur un I Ain’t Got Nothing But The Blues, aux saveurs de lagon, qui rappellera un certain Gary Moore disparu trop vite. Un hommage respectueux et qui ne pouvait pas ne pas être présent.

Sur la halte suivante les cuivres sont de rigueur et c’est loin d’être un mauvais signe si je puis me permettre (ok je sors!)
Et comme l’on ne pouvait y croire, nous voici face à face avec un Rock endiablé sur lequel on pourrait aisément danser en faisant attention de ne pas se faire tuer (de plaisir, bien sur…), parce qu ‘il déboîte aussi fort qu’une course déchaînée.

On a même le droit à de la pure Country avec le Just Got Ten Stones Left From Le Havre et une fois de plus, ça déroute agréablement.

Et si vous pensez que les miracles n’existent pas, et bien, laissez vous bercer par ce dernier morceau composé en mémoire de Jeff Beck, ensoleillé diffus d’une douce brise aussi romantique qu’une délicieuse brune aux yeux bleus et celui là, non de dieu, qu’il est  »bô  ». Plusieurs écoutes son nécessaires afin de faire le plein de bonheur parce qu’on en redemande. (un conseil : lumière tamisée, un feu doux et l’oubli de tout le reste).

Une fois de plus, Mr Hardearly signe un album généreux, entier et riche en couleurs avec toujours cette petite touche de d’alliance de notes surprenantes et certes très délectables à l’écoute.
A l’instar d’un chef étoilé, il a su, à nouveau, agrémenter tous les ingrédients dignes de surprendre un  »palais » auditif, désireux de savourer ce qui se fait de plus rare et il vous faudra faire avec l’envie de ne pas avoir envie de couper la platine.

Vous pouvez vous procurer ce petit joyau à un tarif très raisonnable, sur le site : https://hardearly.com/boutique/

Rémi, Zicomania.

 

 

 

 

 

 

 

 

Blues Alive 76

 

Blues Alive 76

 

 

Blues & co

 

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Mr Hardearly – Mean Blues

Soul Bag Juin 2021

 

Mr Hardearly fait beaucoup de choses lui-même, chant, guitares, claviers, composition, production, et il le fait bien. Son blues rock reste du bon côté de la force, respectant les canons du genre, shuffle, titre lent, morceaux acoustiques, nombreux solos de guitare, mais tout est de la bonne longueur, sans exagération, ponctués par des instrumentaux bien sentis. Il y a bien quelques excès rock et un chant qui ne s’affirme parfois pas assez mais la qualité globale l’emporte.

Textes, blog & rock’n’roll

 

En activité depuis de nombreuses années, le bluesman français sort son cinquième opus ‘Mean blues’ le 30 avril 2021.
Mean Blues 2021

Mr Hardearly sur la scène du Festiv’été, à Enghien les Bains, le 15 août 2019 © Thierry WAKX

25 ans dans la musique, depuis 13 ans sous son nom, premier album en 2008, et un nouveau prévu pour la fin du mois, « Monsieur durablement » porte bien son nom. Une longévité au service du blues. Et un parcours qui a permis à Mr Hardearly de croiser la route d’artistes renommés tels ZZ Top, Status Quo, Bernard Allison, Les Commitments, Georgia Sattelites, Van Wilks, Fred Chapellier et bien d’autres.

Cet adepte de la Strat joue un blues au son à la fois résolument moderne et ancré dans les grandes références du genre. Son dernier album, Mean Blues, qu’il présente comme le plus abouti de sa discographie, sort le 30 avril chez REBEL MUSIC / SOCADISC.

Et pour notre homme invariablement coiffé d’un couvre-chef qui évoque instantanément Stevie Ray Vaughan, ça démarre justement sur les chapeaux de roues avec l’instrumental White flag, shuffle rapide très dans l’esprit du guitariste texan, quelque part entre Rude Mood, Say what ! et Scuttle buttin’ .

On continue dans les mêmes couleurs sonores avec Stone in my shoe, mais qui bénéfice d’une touche soul grâce au saxophone de Greg Deletang. La vidéo de ce premier single est sortie à l’automne, où l’on voit les différents musiciens et techniciens mimer le chant. Bonne ambiance et plaisir évident de jouer sont au rendez-vous .

Sur les 15 titres qui composent l’album, 13 sont signés de la plume de Mr Hardearly. Les 2 autres sont une reprise acoustique et jazzy du Blue mood de T-bone Walker et une version également acoustique de When a blind man cries de Deep purple. Les thèmes abordés concernent aussi bien les addictions de toutes sortes avec Ready to fall ou Open wide, que les problèmes sanitaires et les confinements successifs dans What the hell is going on? ou Stone in my shoe, et de manière plus légère, les relations amoureuses sur Two riders ou dans le crépusculaire Mistreated.

On trouve parfois une touche funky (Tell me, Two riders, Stone in my shoe ) ou rock plus carré (Same old flow, Ready to fall, Open wide), mais le ternaire reste bien évidemment le terrain de prédilection comme par exemple sur What the hell is going on et I’m onto you.

Quant au morceau-titre, il est proposé en deux versions : acoustique et électrique. Un instrumental à la slide, joué en solo sans aucun autre instrument, hormis lors des live sessions, où la Telecaster et son bottleneck se sont vus accompagnés d’une pulsation rythmique à la grosse caisse et au maracas.

Enfin, l’album se termine sur un morceau, lui aussi instrumental en guitare solo. Une ballade soul à l’atmosphère hendrixienne qui résume bien l’esprit de la musique de Mr Hardearly : perpétuer l’histoire du blues à travers le style des grands noms qui jalonné le rock anglais et américain. Pas de doute, le blues est encore et toujours bien vivant en 2021, et les artistes français ne sont pas en reste pour y contribuer.

L’album Mean blues de Mr Hardearly sort le 30 avril 2021chez REBEL MUSIC / SOCADISC. Vous pouvez le commander sur ce lien. Retrouvez toutes les infos, actus et prochaines dates de concert de Mr Hardearly sur son site ou sa page Facebook.

Mean Blues 2021

 

 

 

 

 

 

 

© Jean-François Convert – Avril 2021

 

 

Blues mag

 

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Mr HARDEARLY – Mean Blues

Rebel Music / Socadisc

BLUES

 

Vous savez, le blues existe depuis le premier jour. Le soir, quand le soleil commence à descendre à l’ouest et que l’on n’entend plus un bruit, une voix s’élève du fond du trou, pour dire: ” On va r’tourner trimer. L’patron, il n’est pas méchant, le camp ça va, mais la marmite elle n’est pas propre”. Cet homme là, il a le blues et il vous le fait savoir.
Pour moi, la musique blanche ou la musique noire, ça n’existe pas. Quand on met les notes sur le papier, qu’est-ce que l’on a?
On a du noir et on a du blanc. Ensemble, Noirs et Blancs font la musique la plus formidable que le monde ait jamais connu, et ça s’appelle le blues.
Le blues est né noir, mais il ne l’est plus. Le blues appartient au monde entier! La musique de blues aujourd’hui fait partie de tous. Elle fait partie de votre âme.
Quand vous réussissez à comprendre ce qu’est vraiment cette musique, elle s’insinue au plus profond de vous, si vous avez quelque chose dans le ventre.
Ce que nous appelons le blues, ce sont les racines, le fondement de tout le reste de la musique.
Rufus Thomas (1917-2001)

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Est-il nécessaire aujourd’hui de vous présenter Mr Hardearly? Je ne pense pas, car ce dernier, désormais bien connu, fait partie de nos ‘Guitar Hero’ de l’hexagone.
Pour ceux qui peut-être ne le connaissent pas encore, levez le doigt, vous les derniers au fond de la classe, découvrez ICI cette interview qu’il nous avait accordée pour Paris Move en juin 2018 pour la sortie de son précédent album I’m a Bluesman.
Mr Hardearly ne renie pas ses mentors, Johnny Winter, Gary Moore, Jimi Hendrix, S.R. Vaughan et consorts. Sans prétention, de sa touche personnelle, savamment griffée d’un blues urbain, il apporte sa contribution à l’édifice de cette musique dite du diable. Sans aucune fausse note, Mean Blues, ce cinquième album studio, est un antidote bleuté ponctué d’une palette de couleurs irisées, remède pour combattre la morosité ambiante. Nul besoin de passeport pour arriver à bon port, cet album est une invitation pour l’évasion. Une envie de liberté dans ce monde actuellement confiné. Avec Mean Blues laissez-vous emporter bien au delà de nos frontières pour un voyage intemporel sur les routes irréelles d’un rêve éveillé, bercés ou transcendés au gré de 12 compositions et de 2 adaptations de reprises.


‘White Flag’, ce premier titre instrumental, ouvre les festivités de cet opus endiablé, majoritairement joué avec cinq Stratocaster des années 70. (Parmi les 20 guitares en sa possession, Mr Hardearly a dû faire un choix judicieux, ce qui n’était peut-être pas évident…). Sans suivre l’ordre établi des titres de l’album, l’intitulé ‘Mean Blues’ est un clin d’oeil, un hommage à Johnny Winter pour son ‘Mean Town Blues’. Titre que Johnny Winter avait joué d’ailleurs lors d’une de ses dernières tournées, en 2012, concert auquel Mr Hardearly et moi-même avions assisté, ceci dit pour l’anecdote. Ce ‘Mean Blues’ est décliné en deux versions. La première, électrique, avec une Strato de 1966 qui se lâche totalement sous l’emprise du bottleneck rageur, méchant, elle se dédouble pour converser avec elle même comme si elle pactisait avec le diable. La deuxième version, en acoustique, jouée avec une guitare Martin, n’en est pas moins jouissive, intuitive, à l’unisson elle vous colle le frisson.


Les thèmes abordés dans les textes de Mean Blues, en anglais, sont pour certains engagés et brûlants d’actualité. Ce titre, ‘Stone in my shoe’, composé lors du premier confinement, est une lettre au président.
Hey President You think you’re heaven sent
Things will be different with a new government
You’re like a stone in my shoe and I’m done with you.


Voici la vidéo de ce titre, délires complices avec quelques uns de ses amis musiciens qui, comme lui, étaient dans l’impossibilité de jouer, confinés chez eux.

 

 

Dans son registre habituel dans lequel il excelle, le sieur Hardearly nous gratifie de quelques pépites blues-Rock nuancées et cadencées:
– ‘What the hell is going on’, interrogation sur le confinement.
– ‘Ready to fall’, ‘I’m on to you’, tranches de vie sur les relations humaines dans laquelle un jour chacun peut se reconnaitre.
– ‘Tell me’, la perte d’un ami, le suicide.


Fidèle à cette formule du trio qu’il affectionne, il laisse la part belle à ses musiciens, Jean-Philippe Bernaux à la basse et Frédéric Turban à la batterie. Touché par la grâce ou ensorcelé par ces mains noires qui jadis ont écrit l’histoire, je ne saurais dire, lorsque Mr Hardearly se lâche totalement sur un blues lent comme ‘Mistreated’, dénonçant la maltraitance des femmes, c’est l’extase. Il faut être de marbre pour rester insensible. En pleurs, la Strato de 1966 compatit de quelques accords sensibles et émotifs et de riffs acérés d’animosité.
‘I’ve been mistreated, I’ve been abused. Somebody rape me, not been accused. You’d better listen, to my advice. I’ve been mistreated, and lost my life’.


Lorsque ‘Gloomy Sunday’, chanson émouvante de Serge Gainsbourg sur le thème d’une séparation amoureuse inspire Mr Hardearly, ce dernier en fait une composition, ‘Open Wide’. Sa voix se fait langoureuse, complice et bluesy, la six cordes monte crescendo et se la joue envoûtante.
Aint’ the life that I chose but the way that I lose is mine.
On the day I’ll be cold my eyes still open wide.


Cheveux au vent, vous suivez ces ‘Two riders’ sous un ciel sombre et tourmenté. A train d’enfer, les riffs acérés s’accélèrent et vous mènent, accompagnés de Greg Deletang au saxophone, en direction de la Louisiane. “We are two riders, like two brothers. We are two riders in the storm.”
Sur ‘Same old flow’, les riffs de la Gibson Les Paul se font brûlants, rageurs et tourmentés lorsque se posent les questions sur le bilan d’une vie. Et comme dans ses précédents albums, deux adaptations de reprises sont souvent présentes. Il en est de même dans cet opus. Un blues, bien sûr, comme il se doit, ‘Blue mood’ de T-Bone Walker, joué avec une extrême sensibilité acoustique, accompagné de Sylvain Designe à la batterie. Egalement ‘When a blind man cries’, de Deep Purple, dont cette version également acoustique est à la fois étonnante et émotionnelle. Ces deux titres sont joués avec cette guitare Martin déjà citée, domptée par les mains du bluesman hors pair, tout en sublimant l’éclat argent de ses bagues amérindiennes.
Cet album Mean Blues est incontournable. Il fait partie de ceux pour qui le temps qui passe ne compte pas, car c’est un intemporel du blues, et le restera.


Amis lecteurs de Paris Move, la sortie officielle de cet album Mean Blues est prévue pour le mois d’avril, situation actuelle oblige. Néanmoins, vous pouvez vous le procurer directement sur le site officiel de Mr Hardearly, dans la rubrique ‘Boutique’, alors n’hésitez pas, c’est ICI
4 titres sont proposés en écoute sur cette page: ICI
Rendez-vous également sur sa page Facebook, ICI

Alain AJ-Blues
Rédacteur en chef adjoint – Paris-Move

PARIS-MOVE, January 30th 2021

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Message personnel:
Please, Mr Hardearly, please.
Nous attendons avec impatience de ta part un album de blues acoustique. Nous en avons déjà discuté ensemble. Tu vois, le truc voix, guitare, harmo, simple et épuré qui transpire la sueur du labeur dans les champs de coton. Nous serions heureux de te retrouver quelque part, sur les rives du Mississipi ou ailleurs, sous quelques lambeaux de nuages cotonneux. Soit autour d’un feu de camp sous un ciel étoilé, soit autour d’une grande table et de quelques chaises bancales pour un repas frugal. Nous ne sommes pas fiers, on s’en fout si la marmite n’est pas propre. Je ne peux pas te promettre la présence de Robert Johnson, par contre tu es assuré de celle de Blind Lemon Jefferson. L’impératrice du blues, Bessie Smith, accompagnée de Big Mama Thornton, viendra dans sa vieille Packard au châssis en bois. Charley Patton promet de ne pas boire comme un trou ni de courir les filles. Bon, ce n’est qu’une promesse, tu le connais… Avec Sonny Boy Williamson I et Howlin Wolf, tu dois t’en douter, la fête du ruine-babines est assurée.
Te rends tu compte, tu vas partager tes riffs avec Big Bill Broonzy et Big Joe Williams. Je viens tout juste d’avoir l’accord de chacun deux. Veinard!
Please, Mr Hardearly, please.
Que les démons du blues t’accompagnent, et que notre souhait devienne réalité. Vivement la sortie de cet album blues acoustique!
(Alain AJ-Blues)

 

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Mr Hardearly – Mean Blues

(Rebel Music – Socadisc – 2021

Ecrit par Fred Delforge

 

Fort de ses expériences dans des groupes de hard rock puis de blues mais aussi de nombre d’affiches partagées avec des grosses pointures comme ZZ Top, Status Quo ou Bernard Allison, le guitariste Eric Moutard a décidé de former son projet personnel, Mr Hardearly, il y a une petite quinzaine d’années, et de continuer à promener ses guitares sur les routes de France et d’Europe en distillant un blues rock qui lui va plutôt bien.

Considéré comme un des meilleurs guitaristes de sa génération, l’artiste n’en est pas moins un chanteur assez inspiré et nous sort en ce début d’année un tout nouvel effort, « Mean Blues », dans lequel il met une fois de plus nombre de ses propres compositions mais aussi deux reprises empruntées à Deep Purple et à T-Bone Walker. Accompagné de Jean-Philippe Bernaux à la basse et Frédéric Turban à la batterie, Mr Hardearly s’est enfermé dans son studio valdoisien et a fignolé cette nouvelle rondelle où il souffle le chaud et le froid avec des blues rock saignants à souhait mais aussi des blues lents sur lesquels son chant a parfois un peu plus de mal à donner le change.

Disciple des Freddie King, Stevie Ray Vaughan, Jimi Hendrix et autres Eddie Van Halen, le guitariste n’oublie jamais de montrer qu’il a parfaitement assimilé le style de ses idoles, quitte à en oublier parfois de faire montre d’une plus grande originalité alors qu’il n’en manque pourtant pas, mais c’est sans doute le seul petit regret qui ressortira de l’écoute d’un ouvrage qui ravira forcément les amateurs de belles guitares, le rocker touché en plein cœur par le blues ne manquant pas la moindre occasion d’associer les deux genres pour un résultat qui tient plutôt bien la route.

Des apports de claviers mais aussi de saxophone et des arrangements recherchés finissent de mettre une belle touche de mélodie à de véritables chansons dont certaines s’offrent même des refrains entêtants et c’est avec ses « White Flag », « What The Hell Is Going On », « Mistreated », « Two Riders » ou encore « Same Old Flow » que Mr Hardearly que finit d’apporter son sceau à un album où la multiplicité des couleurs ne nuit pas à une certaine homogénéité. Tantôt à fond les ballons, tantôt plus apaisé, voire même parfois lent et plein de profondeur, Mr Hardearly s’offre un nouvel album qui, s’il n’est pas forcément le plus accessible de sa discographie, mérite quand même que l’on se penche attentivement dessus. Déjà dans les bacs !

Mr HARDEARLY au Blues Corner à Versailles le 15 mars 2019
Reportage: Alain AJ-Blues – rédacteur en chef adjoint (Paris-Move)
Photos de Mr HARDEARLY: © Alain AJ-Blues

“La musique saura toujours trouver son chemin vers nous, avec ou sans business, politique, religion ou toutes autres bêtises liées. Chaque fois que vous saisissez votre guitare pour jouer, jouez comme si c’était la dernière fois.” – Eric Clapton

 

 

Pour nous, en ce 15 mars 2019, ce n’est ni la première ni la dernière fois que nous nous rendons au Blues Corner à Versailles. Une nouvelle fois, remercions toute l’équipe du lieu pour leur accueil chaleureux et toujours ce choix d’une belle programmation qui, pour nous, est une bénédiction. Si preuve encore en fallait-il une, ce soir Mr Hardearly est à l’affiche de cette belle scène versaillaise dédiée au Blues.
L’occasion est toujours belle ici de retrouver des amis, photographes et autres personnes, pour partager une table sur le devant de la scène pour que soit la vraie complicité, loin d’un monde virtuel.
Cela faisait pas mal de temps que nous n’avions pas retrouvé Mr Hardearly, du moins en concert. Donc ce soir, sincères seront de mise pour ces retrouvailles les accolades des compères!

 

Place au premier set avec ce titre ‘Before you accuse me’, chanson écrite en 1957 par Bo Diddley. Mr Hardearly nous la joue version Clapton, avec un démarrage en trombe. Les premiers riffs de guitare abondent pour que déjà les bras nous en tombent.
Le Sieur Hardearly, fidèle à cette formation en trio, avec brio, est puissamment accompagné de Jean-Philippe Bernaux à la basse et aux choeurs et de Sylvain Designe à la batterie. Tous les deux, musiciens confirmés, concentrés dans la densité de leur jeu respectif, raffiné et inné, vont également nous étonner et nous fasciner.

 

Après cette composition ‘You don’t love me’, de l’excellent album ‘White Urban Blues’ de 2013, Mr Hardearly consacrera ce premier set essentiellement à d’autres compositions, celles de son dernier album, ‘I’m a Bluesman’, sorti en septembre de l’année passée.

Les titres s’enchainent… ‘My cradle’, ‘One desire’. Mr Hardearly dégaine, et diluvienne, cette Stratocaster de 1974 d’origine se déchaine.
Un seul titre, ‘I’m a Bluesman’, sera joué en ‘slide’ avec une autre guitare, une Fender Telecaster de 1978 d’origine, et ainsi à l’unisson avec le blues nous ferons communion et le plein d’émotions.

Forte est la complicité sur scène entre les trois artistes membre de ce trio infernal, mais également, belle est la connivence avec l’assistance. Mr Hardearly nous explique ses textes, donnant quelques précisions avec une touche humoristique ponctuée de quelques mimiques, pour présenter ses chansons.

Citons quelques autres compositions de ce dernier opus: ‘Over your shoulder’, ‘Your eyes can’t see’, ainsi que ‘Lazy’, une adaptation d’un titre de Deep Purple revisitée à la sauce Hardearly. Des adaptations que le bougre sait proposer avec une touche personnelle qui, à chaque fois, fait mouche et fait presque sonner cette ‘cover’ comme une compo signée Mr H.

 

Durant un long moment, assis devant la scène, fasciné et jouissant comme dans un semblant d’enivrement, sur “OFF” j’ai positionné mon reflex Canon.
Sur “ON” j’ai laissé divaguer mes errances émotionnelles, profitant de quelques élans vibrationnels. Heureux, j’ai fermé les yeux. J’avais cette impression, et je vous en fais confession, d’entendre devant moi jouer deux guitaristes qui entre eux conversaient par riffs interposés. Je vous assure que cela n’était pas dû à la bière que j’avais bue, car vous avez ma parole, elle était sans alcool.
Retour à la réalité… Je rouvre les yeux. Sur scène, pas d’imbroglio, sous un halo bleu indigo joue seulement seul… un seul ‘Guitar hero’.

Après ces deux titres, ‘Heart & soul’ et ‘Fever’, puisés dans l’album ‘X-perienced’ de 2016, et avant que ne se consume entièrement à vitesse grand V la mèche s’approchant inexorablement du stock de feux d’artifice, Mr Hardearly se charge lui même de mettre le feu avec quelques riffs incendiaires chargés d’électricité sur ‘Fire’, titre mythique de Jimi Hendrix.

 

Gares aux étincelles à venir, il est temps pour nous tous de faire une petite pause, d’aller prendre l’air et de reprendre nos esprit