Blues Magazine – Christophe Leboeuf – Mars 2019

Interview Mr Hardearly

19 janvier 2019

Préparée et réalisée par Christophe Dameuh Lebœuf

 

 

 

 

 

 

Credit Photos: Thierry WAKX et Vincent NEVEU

 

 

Mr Hardearly fête ses 10 ans de carrière avec un nouvel album résolument Blues. Cette artiste atypique du Val d’Oise connaît parfaitement bien son sujet. Et son disque est un retour aux sources qui sent bon la musique du Diable et les solos de guitares. Il était tout naturel de vous le faire découvrir en lui posant quelques questions…

 

Blues Magazine : Bonjour Éric, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Mr H : Je suis le guitariste/chanteur du groupe Mr Hardearly qui fête ses 10 ans cette année, et je suis musicien depuis plus de 30 ans, dans diverses formations (Blues notamment). On sort notre 4ème album, et on a aussi déjà enregistré 2 DVD en concert et 2 CD live en plus. On tourne en Europe, principalement, avec 60 dates par an.

 

BM : Maintenant, peux-tu nous présenter tes musiciens ?

Mr H : Alors, à la basse et aux chœurs, il y a Alain Gibert, qui m’accompagne depuis plusieurs années déjà et qui joue sur les derniers albums, ainsi que Fréderic Rottier, un vieux briscard du métier, qui nous a rejoints il y a 2 ans. Ils assurent une rythmique très assise, ce qui me permet d’être confortable sur scène, et de m’exprimer pleinement.

 

BM : Ce sont toujours les mêmes depuis dix ans ?

Mr H : Non, il y a eu quelques changements de personnel, dus à des contraintes familiales (naissance, déménagement…), mais aussi, parfois, à des divergences musicales ou personnelles !

 

BM : Parle-nous de ton nouvel album, I’m a Bluesman ?

Mr H : C’est mon album, le plus personnel et le plus abouti des 4. Il contient 12 titres, dont 2 reprises de Deep Purple et Junior Wells). Il me ramène à mes racines, d’où le titre. J’ai voulu revenir à des compositions plus British Blues, avec toujours cette volonté de coller à notre époque, au niveau des textes, et évoquer des sujets actuels, comme les relations parents/enfants, les familles monoparentales ou bien le rapport avec l’argent.

 

BM : On ressent, dans ton jeu de guitare, une forte influence du Rock des 70’s ?

Mr H : Oui, tout à fait, je suis fan de Johnny Winter, Jeff Beck, Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan et bien d’autres encore. Sans être nostalgique ou passéiste, je trouve que les 60 et 70’s étaient vraiment très artistiques, car l’humain était un élément central de la création, et il y avait beaucoup de bons musiciens. Puis, dans les 80’s, les synthés et boîtes à rythmes sont arrivés, puis les ordinateurs et le numérique dans les 90’s, et l’intervention humaine est devenue moins capitale, voire accessoire dans certains styles de musique. J’aime ce son très roots, avec les défauts qu’il comporte. Toutes mes prises de guitare, en studio, sont live, et mes solos sur scène sont toujours improvisés. J’aime mélanger différentes influences, comme le Blues, le Funk, la Soul et le Reggae.

 

BM : En 25 ans de carrière, tu as croisé sur scène de nombreux artistes. Quels sont tes meilleurs souvenirs ?

Mr H : J’avoue que c’est magique de croiser dans les loges Status Quo ou les Commitments, même s’ils sont très protégés des interventions extérieures. Toutes ces rencontres m’ont rendu plus riche humainement. Parfois, les circonstances te permettent d’assister à des concerts privés, comme en 2003 avec Status Quo, où il n’y avait que 500 personnes devant la scène. Un souvenir unique. Et puis, partager la scène avec Bernard Allison, dans un petit club de St-Ouen, ça aussi c’est mémorable.

 

BM : Sur cet album, tu as Fred Chapellier en invité. Comment s’est passée cette rencontre ?

Mr H : On s’est rencontrés à l’un de ses concerts, par l’intermédiaire de notre tourneur Gérard Van Maele (Ze Music Tour). Je souhaitais avoir quelques invités sur le nouvel album pour les 10 ans du groupe, et Fred était naturellement le 1er auquel j’ai pensé. J’adore son jeu de guitare et, surtout, je respecte son parcours. Il porte le flambeau du Blues en France actuellement. Il a tout de suite accepté de participer à l’album.

 

BM : Vous avez du bien vous amuser en jouant ensemble ?

Mr H : Eh bien, pour tout te dire, Fred à la chance de beaucoup tourner avec ses différents projets, et c’est mérité, et donc, nous n’avons pu nous retrouver en studio. On était tenus par le temps pour la sortie de notre album, et Fred m’a envoyé les parties de guitare qu’il avait enregistrées chez lui, sur nos enregistrements rythmiques, par Internet. Puis, j’ai mixé le tout dans mon studio El Grotto. C’est la magie d’Internet ! Le résultat est vraiment énorme, Fred s’est lâché et on sent qu’il s’est fait plaisir. Cela sonne grave !

 

BM : Avec quel autre musicien aimerais-tu jouer ?

Mr H : J’avais contacté Neal Black pour participer à notre album, mais nous n’avons pas pu concrétiser l’enregistrement, pour des raisons de planning et impératifs techniques. Mais ce n’est que partie remise… J’aime également le jeu d’Arnaud Fradin dans Malted Milk, Manu Lanvin dans un style plus Rock n’ Roll, Mathieu Chedid également. Il y a tellement de bons musiciens en France, avec qui j’aimerais faire quelque chose, que je ne peux pas tous les citer.

 

BM : Quel sont les musiciens ou groupes de Blues Français que tu admires le plus ? Je parle de leur façon d’aborder le Blues et de leur jeu de scène.

Mr H : J’apprécie les artistes de Blues Français dans leur ensemble. Ils perpétuent tous, dans leur style, une tradition. C’est ce qui fait que la France est aussi un pays riche artistiquement parlant, de part sa diversité musicale, mais également par les différentes cultures qui l’animent.

 

BM : Aimerais-tu aller jouer en Asie ou aux USA ?


Mr H : Oui, pourquoi pas, mais comme je ne prends pas l’avion, cela complique passablement les choses (rires). Je suis déjà loin d’avoir exploré toute l’Europe, alors cela me laisse encore pas mal de pays à visiter. Et puis, Gandhi a dit : Le plus grand voyageur n’est pas celui qui a fait 10 fois le tour du monde, mais celui qui a fait une seule fois le tour de lui-même. Plaisanterie mise à part, j’aimerais bien aller jouer dans les pays de l’Est, comme la Pologne, qui propose un magnifique Festival de Blues.

 

BM : Maintenant, je te laisse la parole, as-tu un message à faire passer ?

Mr H : Pour les aficionados, je voudrais parler rapidement du matériel que j’ai utilisé pour l’enregistrement de cet album et sur scène. Mes amplis sont un Fender Deluxe Reverb réédition 65, une tête Marshall 2060X et une tête Vox Nigh Train V1. Mes guitares sont des Fender Stratocaster de 79 couleur bois (nommée Stevie en hommage à SRV), une 1979 Anniversary (Anny), ainsi qu’une 1974 noire (Blackie en hommage à Clapton), qui a un son monstrueux comme vous pouvez le voir sur scène. Mes effets sont un tube screamer original, une pédale wha wha Vox, un delay Boss et un compresseur MXR. Que des choses simples en résumé…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce nouvel opus propose 12 plages, dont 10 compositions, une musique qui sent bon les 70’s, avec des solos de guitares qui nous rappellent les grands guitaristes de cette époque. Mr Hardearly est un grand guitariste Français qui laisse la part belle à son instrument sur cette galette. Il nous transporte et nous fait rêver avec sa musique qui se balade entre Blues et Blues Rock. Un opus énergique, qui plaira aux nostalgiques des précurseurs du Rock, tels que Deep Purple ou Led Zeppelin. À découvrir.

 

Christophe Dameuh Lebœuf